RELÉGUÉ À NOUVEAU : Bernard Serin, pourquoi Metz ne peut échapper au statut de « club des yo-yos ».

Pour la plupart des clubs, la relégation serait vécue comme une catastrophe. À Metz, en revanche, c’est presque devenu une habitude. Depuis le début du XXIe siècle, le club français a connu pas moins de 17 promotions et relégations, ce qui en fait l’un des clubs « yo-yo » les plus emblématiques d’Europe.

 

 

Cette instabilité est d’autant plus surprenante quand on se penche sur le passé du club. À la fin des années 1990, Metz participait régulièrement aux compétitions européennes et avait même éliminé le Sporting de la Coupe UEFA lors de la saison 1996-1997. Pourtant, malgré quelques moments de gloire, le club n’est jamais parvenu à s’installer durablement en Ligue 1.

L’ancien directeur sportif Carlos Freitas, qui a contribué à la montée de Metz en 2015-2016, estime que le problème réside dans le projet à long terme du club. « Quand Metz descend en Ligue 1, le club dispose toujours des ressources financières nécessaires pour être très compétitif en Ligue 2, ce qui lui permet généralement de remonter rapidement », explique Freitas. « Mais en Ligue 1, il leur faut un cran au-dessus en termes d’ambition, de recrutement et d’investissement. »

 

Freitas estime que la structure du club est solide, mais pas assez ambitieuse pour rivaliser régulièrement avec les meilleures équipes de Ligue 1. Son propre passage à Metz a suivi un schéma bien connu. L’équipe a démarré la saison en fanfare en Ligue 2, mais un hiver difficile a failli anéantir ses espoirs de promotion avant qu’elle ne retrouve finalement l’élite lors de la dernière journée, au terme d’un match spectaculaire. Ce cycle est devenu malheureusement trop familier pour le club ces vingt dernières années.

 

L’académie qui maintient Metz en vie. Malgré son instabilité sur le terrain, Metz continue de prospérer en matière de formation de jeunes talents. Le partenariat du club avec Génération Foot au Sénégal est devenu l’un des systèmes de développement les plus performants du football européen. Des joueurs comme Sadio Mané, Kalidou Koulibaly, Ismaila Sarr et Lamine Camara sont tous issus de ce centre de formation avant de rejoindre des clubs étrangers pour des transferts importants.

Freitas s’est même rendu au Sénégal pour superviser Sarr avant que l’ailier ne perce en France. « Leurs installations sont fantastiques… » « D’excellents entraîneurs et une structure de formation très performante », a-t-il déclaré. « Les joueurs arrivent à Metz déjà très bien préparés. » Outre ce lien privilégié, Metz possède également l’un des meilleurs centres de formation de France. Au fil des années, le club a généré des revenus importants grâce aux ventes de joueurs comme Miralem Pjanic, Emmanuel Adebayor et Franck Ribéry.

 

La stratégie est claire : développer les jeunes talents, vendre les joueurs et assurer la stabilité financière. C’est un modèle qui a permis à Metz de rester compétitif pendant des années, même si cela n’a pas empêché le club de faire régulièrement l’aller-retour entre la Ligue 1 et la Ligue 2. Et au vu de son histoire, une nouvelle course à la promotion est probablement imminente.

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